Peut-on obtenir un prêt immobilier sans apport ?
Oui. Aucun texte n'impose un apport minimum. Les règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) encadrent le taux d'endettement, plafonné à 35 %, et la durée du prêt, limitée à 25 ans. Elles ne fixent aucun montant d'apport.
En pratique, l'apport reste la norme. Selon la Banque de France, les primo-accédants apportaient en moyenne 34 000 € en juillet 2026. Un crédit immobilier sans apport est donc possible, mais il s'adresse à des profils que la banque juge solides sur d'autres points.
La plupart des banques attendent au minimum de quoi couvrir les frais annexes, soit environ 10 % du prix dans l'ancien. Quand ce minimum n'est pas là, le dossier doit rassurer autrement.
Pour les banques, un financement à 108 % peut avoir du sens, notamment pour un jeune actif qui débute dans la vie professionnelle et n'a pas encore eu le temps de constituer une épargne, ou pour un emprunteur qui dispose des fonds nécessaires mais préfère conserver son épargne. Dans les deux cas, la cohérence du projet, la solidité du profil et la capacité de remboursement restent déterminantes dans la décision de financement.
Pourquoi les banques demandent-elles un apport ?
L'apport sert d'abord à payer ce que la banque ne finance pas volontiers : les frais. Pour un achat dans l'ancien, ils comprennent :
• les frais de notaire, environ 7 à 8 % du prix, dont l'essentiel revient à l'État et aux collectivités ; • les frais de garantie du prêt, caution ou hypothèque, estimés jusqu'à 1,5 % du montant emprunté dans nos simulations ; • les honoraires de courtage, généralement compris entre 1 % et 2 % du montant financé selon les courtiers ; • les éventuels frais de dossier de la banque.
Chez Wefinancecredit, les honoraires de courtage s'élèvent à 1 % du montant emprunté, avec un minimum de 1 800 €, pour les résidents, et à 2 %, avec un minimum de 2 500 €, pour les non-résidents.
Dans le neuf, les frais de notaire tombent autour de 2 à 3 % du prix.
L'apport montre aussi votre capacité à épargner. Pour la banque, c'est un indice concret de la façon dont vous gérez votre budget. Enfin, il réduit son risque : si vous revendez vite, un bien financé à 108 % risque de ne pas couvrir le capital restant dû.
Exemple : pour un appartement ancien à 210 000 € à Nice, comptez jusqu'à 16 000 € de frais de notaire, 3 390 € de frais de garantie et 2 260 € d'honoraires de courtage en passant par Wefinancecredit. Sans apport personnel, il faut donc emprunter 226 000 € pour financer le prix d'acquisition et les frais de notaire.
Les frais de garantie et les honoraires de courtage, soit 5 650 € ici, doivent obligatoirement être apportés par l'emprunteur. On parle souvent de « prêt à 110 % » ; en réalité, le financement atteint ici environ 108 % du prix. Exemple indicatif, les frais exacts dépendent du bien et de la banque.
Prêt à 100 %, 108 % ou 110 % : quelle différence ?
On parle de prêt à 100 % quand la banque finance le prix du bien, et que vous payez les frais avec votre épargne. C'est le cas le plus fréquent quand on dit acheter sans apport : vous avez peu d'épargne, mais assez pour les frais.
Le financement à 108 % couvre le prix du bien et les frais de notaire. On l'appelle souvent « prêt à 110 % », mais les frais de garantie et les honoraires de courtage restent en pratique à la charge de l'emprunteur. Ce financement est plus rare et réservé aux dossiers les plus solides, car la banque prête plus que la valeur du bien.
Dans les deux cas, emprunter plus augmente la mensualité. C'est elle qui doit rester sous la limite des 35 %. Avant de chercher un bien, vérifiez votre taux d'endettement : c'est souvent lui qui décide si un financement sans apport est envisageable.
Quels profils obtiennent un crédit immobilier sans apport ?
Il n'existe pas de profil type garanti, mais certains dossiers convainquent plus facilement :
• un emploi stable, en CDI hors période d'essai ou dans la fonction publique ; • des revenus réguliers, avec une perspective d'évolution claire ; • un taux d'endettement nettement sous 35 %, ce qui laisse de la marge pour une mensualité plus élevée ; • des comptes bien tenus : pas de découvert, pas de rejet de prélèvement sur les derniers relevés ; • une épargne de précaution conservée après l'achat, même modeste.
C'est souvent le cas des jeunes actifs qui démarrent leur carrière : peu d'épargne, mais des revenus amenés à progresser. Pour la banque, c'est aussi un client qu'elle veut attirer sur le long terme.
À l'inverse, des incidents bancaires récents (découverts fréquents, rejets de prélèvements…) ou une absence d'épargne résiduelle après le projet rendent l'obtention d'un prêt immobilier sans apport beaucoup plus difficile.
Comment compenser l'absence d'apport ?
Plusieurs dispositifs peuvent jouer le rôle d'un apport ou réduire la somme à emprunter auprès de la banque.
Le prêt à taux zéro (PTZ)
Le PTZ s'adresse aux primo-accédants, c'est-à-dire aux personnes qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux dernières années. Il finance une partie de l'achat, sans intérêts, selon vos revenus et la zone du logement. Depuis le 1er avril 2025, il couvre le neuf, appartement comme maison, partout en France.
Point important sur la Côte d'Azur : dans l'ancien, le PTZ est réservé aux zones dites détendues, avec des travaux d'au moins 25 % du coût total. Nice et la plupart des communes azuréennes étant classées en zone tendue, le PTZ y concerne surtout le neuf.
Le PTZ reste un prêt, pas un apport. Mais il réduit la part financée par la banque, ce qui rend le dossier plus facile à accepter.
L'épargne salariale et l'aide familiale
L'achat de votre résidence principale permet de débloquer par anticipation votre épargne salariale, comme un plan d'épargne entreprise. Une donation de vos proches peut aussi constituer un apport, à condition d'être documentée proprement.
Les points de vigilance avant d'acheter sans apport
Acheter sans apport n'est pas une mauvaise idée en soi, à condition d'en mesurer les effets :
• une mensualité plus élevée, puisque vous empruntez plus ; • un coût total du crédit plus important, intérêts et assurance compris ; • un risque en cas de revente rapide : dans les premières années, le prix de vente peut ne pas couvrir le capital restant dû ; • moins de marge de négociation sur le taux, la banque prenant plus de risque ; • un accès au financement plus difficile : certains établissements bancaires refusent les dossiers sans apport, ce qui réduit les possibilités de financement et les chances d'obtenir un accord.
Si vous prévoyez de revendre dans les trois ou quatre ans, un achat sans apport mérite d'être bien calculé. Si vous achetez pour y vivre longtemps, le raisonnement est différent : chaque mensualité remplace un loyer.
Préparer un dossier sans apport : 5 conseils
- 1Soignez vos trois derniers relevés de compte. Pas de découvert, pas de dépenses de jeux, pas de rejet de prélèvement : la banque les lit ligne par ligne.
- 2Gardez une épargne de précaution. Mieux vaut quelques milliers d'euros de côté après l'achat qu'un compte vidé pour payer les frais.
- 3Soldez vos petits crédits. Un crédit auto ou renouvelable en moins fait baisser votre taux d'endettement et augmente ce que vous pouvez emprunter.
- 4Calculez votre budget réel avant de visiter. Prix, frais, mensualité : [simulez votre capacité d'emprunt](/simulateur) pour savoir où vous en êtes.
- 5Présentez un financement analysé. Une [attestation de financement](/wepass) établie à partir de vos pièces justificatives montre au vendeur et à la banque que votre projet a été étudié.
Un courtier immobilier sur la Côte d'Azur sait quelles banques acceptent un financement à 108 %, et pour quels profils. Il vous dit aussi, dès le départ, le montant à prévoir pour les frais de garantie et les honoraires. Et le jour où vous trouvez le bien, vous pourrez faire une offre d'achat crédible même avec peu d'apport.
Questions fréquentes
Combien pouvez-vous emprunter avec peu d'apport ? Simulez votre capacité d'emprunt en deux minutes.
Simuler ma capacité →Article relu par Arthur, courtier en crédit immobilier chez Wefinancecredit.
Clément CecconTravaillant dans le secteur du crédit immobilier et du courtage, je partage à travers mes articles mes connaissances et mes conseils pour rendre le financement immobilier plus clair et accessible à tous. Je m'intéresse également aux évolutions du secteur et à la manière dont les particuliers s'informent et recherchent des solutions de financement, avec plus de 5 ans d'expérience en SEM (Search Engine Marketing).



